Le site de généalogie de Catherine et Michel Meste


Une chasse aux blaireaux à Lescar,

au milieu du XVIIIème siècle


Nous avons trouvé aux AD de Pau un acte notarié, passé devant Me Labourdenne le 23 avril 1744 à Lescar,  relatant un accident de chasse qui n’a pas réussi à entamer les bonnes relations des protagonistes.

 

Pour résumer : Bernard Sempé (Sosa 160 de Michel), qui a alors 24 ans (il s’est marié trois ans avant avec Claire Peré), a constaté que des blaireaux lui détruisaient régulièrement son maïs. Afin de les supprimer, il demande de l’aide à des parents et amis pour organiser une partie de chasse. Celle-ci tourne mal, puisque Bernard reçoit un coup de fusil, tiré par on ne sait qui. Pour rester en bons termes avec tout le monde, Bernard, encore alité, fait venir le notaire chez lui et déclare devant lui que ses amis sont innocents et qu’il ne leur en veut pas.

 

Acte passé le 23 avril 1744 à Lescar chez Me Labourdenne concernant un

accident de chasse au blaireau
 

Par devant moy Jean de Labourdenne notaire public de la ville de Lescar et du present lieu du Laur et temoins bas nommés a esté constitué en personne Bernard de Sempé fils laboureur du lieu du Laur quy a dit et declaré que tant luy que Dominique de Sempé son père ayant prié les nommés Peré ainé de Lescar son beau frere, Pierre Guillucq de ladite ville, le nommé Bureu de la dite ville, Birade ainé, du Laur, et Jacob Guicharnaud habitant au galan dudit lieu du Laur, de luy donner leur secours pour chasser et tuer s’il etait possible des bleraux quy endomageaient le millocq pendant en la piece de terre appelée a Larpacheres appartenant auxdit de Sempe pere et fils. Lesquels auraient eu tous la bonte de leur rendre ce service, et se seraient en consequence transportés cette nuit derniere du vingt deux au vingt trois du courant dans ladite piece de millocq, et ayant aprehendé visiblement quelqu’un desdits blairaux a la diligence d’une chienne appartenante audit Guicharnaud tout a fait propre pour chasser ces betes et la seule qui ait cette qualité a Lescar et au Laur, sur vue desquels blereaux un aurait tiré d’un fusil chargé de grosse grenaille qu’il avait acheté luy meme soussigné pour leur en fournir sauf a Bureu qui n’avait point d’arme a feu se rapellant d’ailleurs que ledit Peré etait dans un sy grand eloignement que quand bien meme il aurait tiré, il n’etait pas possible que le coup qu’il aurait pu tirer eut porté sur luy mais que quelque ecart de la grenaille dont les autres fusilhs etaient chargés a porté sur luy, sans neammoins qu’il se soit aperçu du fusilh duquel le coup etait parti, puisqu’on visait sur quelque desdits blereaux ; desquels ecarts de grenaille se trouvant blessé dangereusement et s’etant plaint vivement de sa blessure quelqu’un des susdits aurait demandé quy avait tiré le coup ; ledit Guicharnaud aurait repondu hautement que c’estait luy quy l’avait fait persuadé qu’il avait tiré au blereau, dans un fossé dudit champ, ou ledit Sempe fils s’etait niché aupres de quelques tenieres avec une fourche de fer dans l’idée de prendre quelqu’un desdits blereaux vers ou la chienne dudit Guicharnaud les poursuivait en aboyant, et pour lever toutes les presomptions qu’on pourrait induire de son accident et dans la seule vue de rendre justice a la verité, il a declaré devant moy notaire et temoins que c’est d’une maniere toute innocente qu’il a reçu ledit coup, et que ce n’est qu’à la priere et en vue de luy faire plaisir que ledit Guicharnaud et les autres se sont transportés sur ladite piece de terre vivant depuis tout le temps avec eux et leurs familles d’une maniere fraternelle,  et qu’ainsy ledit Guicharnaud et tous les autres sont bien innocents de l’accident a luy survenu et dont il est retenu dans son lict, qu’il les declare entierement innocens devant Dieu et les hommes, et que c’est pour le repos de sa conscience et pour la justification dudit Guicharnaud qu’il a requis et donné la présente declaration, fait audit lieu du Laur et au chevet de son lit ledit jour vingt trois avril mille sept cens quarante quatre presens et temoins a tout ce dessus le sieur Jean Elie pretre et curé de Lescar, le sieur Guilhaume de Tisnès, Maître chirurgien de ladite ville, Pierre Basques maître tailleur du Laur, Pierre Laforcade tisseran de la ville de Lescar, Arnaud Gassan, Joseph Gassan, Jean Pesqué de ladite ville et moy Jean de Labourdenne, notaire public du present lieu du Laur qu’y ? avec ledit Bernard Sempé temoins de meme que ledit Dominique Sempé pere quy a approuvé tout ce dessus comme etant de son fait et veritable.

  Suivent les signatures :

Signatures à Lescar

Auteur : Michel Meste.      Pages réalisées avec Kompozer.