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Mes ancêtres de Saint-Pardoux-la-Rivière (Dordogne)


Auteur : Michel Meste   


Les numéros Sosa présents dans ce texte sont relatifs à la racine Michel Meste (Sosa 1).

Pour une définition de ces numéros Sosa, voir cette adresse

Les informations historiques proviennent principalement de l’ouvrage de Roger Drouault : Histoire de Saint-Pardoux-La-Rivière (1900, réédité en 1990).

  1. Introduction
Les couteaux de Nontron

Mon arrière-grand-père (agp) maternel, Elie FAURE (coutelier à Nontron), épousait le 20 juin 1876 Marie LAPEYRONNIE. Cette dernière, née le 2 aout 1856 à St-Pardoux-la-Rivière était ma première ancêtre née dans cette localité. Elle était la fille de Marc LAPEYRONNIE (né le 13 juillet 1824 à St-Pardoux) et de Marie DEVEAUD (née le 10 aout 1829 à St-Pierre-de-Côle, Dordogne). Ce sont les ancêtres de Marc (sur huit générations, jusqu’autour de 1600, époque à laquelle les archives débutent sur St-Pardoux) que nous allons retrouver ci-dessous, une grande partie d’entre eux étant issus de St-Pardoux. Ce sera l’occasion de rencontrer des patronymes qui, comme le souligne Roger Drouault, semblent bien autochtones (BEAUSOLEIL, BONNAMOUR, COMBAUD, DEBIDOUR, DESPORT, FOURICHON, LAPEYRONNIE, PIGEARIAS, PUCELLE, PUYPELAT, VERSAVEAU...), mais aussi des noms apparaissant fréquemment depuis le début du XVIIème siècle : GERBOU, GARDILLOU, DUMAS, TEILLOU, FOUCAUD, VILLECHABROLLE, FAURE, …

Précisons que, sauf mention contraire, les événements (naissances, mariages, décès) se sont produits à St-Pardoux.

  1.  Saint-Pardoux-la-Rivière

Petite ville située au Nord du département de la Dordogne, dans le Périgord Vert, à huit kilomètres au sud-est de Nontron, Saint-Pardoux-la-Rivière est située à 150 mètres d'altitude au fond d'une cuvette, au bas des dernières pentes boisées du plateau limousin, à cheval sur la rivière de la Dronne.


Le bourg (Sanctus Pardulphus de Riperia en 1231) était placé au passage d’un gué, sur une route reliant Nontron à Thiviers, deux villes anciennes. Il se trouvait aussi sur un chemin de pèlerinage entre le Limousin et Brantôme, célèbre abbaye fondée en 779.

 

Son expansion s’est faite autour de deux édifices :


a) Une forteresse, placée à mi-côte d'une colline baignée par la Dronne. Station romaine ou citadelle franque, son édification fut entreprise bien avant le XIIème siècle. En 1243, d’après un acte d’hommage rendu à l’évêque d’Angoulême, elle appartenait aux Chabrol, seigneurs de Chalus. Quelques années après, la seigneurie de Saint-Pardoux fut acquise par Marguerite de Bourgogne. Avant sa mort en 1277, cette dernière exprima le désir par testament de créer un couvent de femmes. C’est Bernard Gui (inquisiteur bien connu qui n’a pas laissé que des bons souvenirs à Toulouse et parmi les cathares) qui fera construire le couvent.
b)  Le couvent (de l'ordre des Dominicaines), mentionné ci-dessus, se révèlera vite source de bienfaits pour la paroisse. « Nos dames » : l'expression, chargée d'affection respectueuse, désignera les religieuses. Les villageois défendront sans hésiter leurs protégées lors des conflits avec les autorités.
 

La seigneurie de St-Pardoux faisait partie au début du XIIIème siècle de la chatellenie de Nontron, une des plus importantes du comté du Limousin. En 1275, elle était la possession de la vicomtesse de Limoges Marguerite de Bourgogne (épouse de Gui VI). Quelques décennies plus tard, elle echerra aux d’Albret, qui la possèderont jusqu’en 1581. Cette année-là, le roi Henri III de Navarre (fils de Jeanne d’Albret, futur Henri IV roi de France), vicomte de Limoges et comte du Périgord, vendait la seigneurie à un gentilhomme de sa chambre, qui obtiendra vite du Roi son érection en baronnie. Le Périgord sera incorporé au domaine royal en 1607 par Henri IV.

 

Dans le bourg de St-Pardoux, les habitations se sont construites autour de la forteresse. La protection qu’elle assurait contre les attaques multiples des brigands était la raison principale de cet attrait.

 

Un autre lieu important du bourg était l'église. D’origine romane, datant du 12e siècle, elle fut restaurée en 1599 après de nombreux pillages et un abandon de  30 ans, et dédiée à St Pardoux. Comme on pouvait s’y attendre, les relations entre la prieure du couvent et le curé de la paroisse ne furent pas toujours des plus sereines. Pour des informations sur le nontronnais, on pourra consulter l’article de Céline Coussy « L’implantation du monde religieux dans le Nontronnais à l’époque médiévale ».


St Pardoux et ses villages

Autour du bourg lui-même, nous trouvons plusieurs « villages » dont on retrouvera les noms dans la partie généalogique plus bas. Parmi ceux dans lesquels nous allons retrouver fréquemment nos ancêtres, certains donneront leur nom à ces derniers (à moins que ce soit l’inverse ?) : La Peyronnie, Puydoyeux, Les Pigeries, Puypelat. D’autres verront naître, se marier ou décéder d’autres ancêtres : La Noujarède, Jamaye, Negrecombe, Le Queroy, Le Pic (paroisse de Nontron), Les Roches, Bordesoule.

 

 

  1.  Généalogie

On pourra trouver à cette adresse  la liste détaillée des ancêtres de Marc Lapeyronnie (Sosa 26) dont nous avons pu retrouver la trace dans les registres paroissiaux de St-Pardoux (on parlera de génération 1 pour celle de Marc, génération 2 pour celle de ses parents, …), jusqu’à la huitième génération au tout début du XVIIème siècle.

Il est à noter que les patronymes rencontrés sont souvent écrits sous des formes différentes (l’oral primant le plus souvent). Pour ne prendre que l’exemple des TEILLOU (nous avons choisi de conserver cette forme pour harmoniser l’ensemble), on pourra trouver : TEILLOUX, TEILHOU, TEILHAUD, TEILLAUD, TEILLAU, TEILLON, TEILHEAU, TEYLLOU, TEILLOUT. Pour ce qui est des prénoms, on peut observer parfois des changements d’un acte à l’autre (pour la même personne), ce qui n’est pas fait pour simplifier les recherches.

Mentionnons les principaux patronymes que l’on retrouve dans l’ascendance de Marc :

a) LAPEYRONNIE

C’est certainement le patronyme le plus fréquent de St-Pardoux. Les ancêtres de Marc. Comme on peut le voir dans les archives, pas mal des personnes qui le possèdent vivent au village de même nom, situé à l’ouest du bourg. Par contre, les ancêtres de Marc semblent plutôt habiter au bourg.

Reflétant la grande diversité des métiers exercés par les personnes portant ce nom, on trouve chez les ancêtres de Marc un cultivateur (comme Marc lui-même, Sosa 26), des maître menuisiers (son père Jean, Sosa 52, son grand-père Pierre, Sosa 104), un maître sergeur (Jean, arrière-grang-père de Marc, Sosa 208), un procureur de la juridiction de St-Pardoux ( AAGP de Marc, Sosa 416), et un autre maître sergetier (AAAGP de Marc, Sosa 832).

La fréquence importante de ce patronyme entraîne évidemment à la fois qu’on le rencontre à l’occasion de plusieurs mariages d’ancêtres, qu’il va être très présent dans la liste des parrains ou marraines, mais aussi que l’on pourra trouver des mariages où les deux époux portent ce même nom (comme Michel et Marguerite LAPEYRONNIE, mariés le 14 octobre 1697, Sosa 832 et 833).

Comme on peut le voir dans l’ouvrage de Roger Drouault, on retrouve plusieurs LAPEYRONNIE qui ont été notaires, sergents, contrôleurs, … Signalons le notaire Jean LAPEYRONNIE qui en 1640 fut condamné à 200l d’amende pour usurpation de noblesse…

    b) GERBOU, GARDILLOU

La mère de Marc s’appelait Anne GERBOU (Sosa 53) et ses grand-parents maternels étaient Jean GERBOU (Sosa 106) et Marie GARDILLOU (Sosa 107).Concernant les GERBOU, nous avons pu retrouver l’ascendance agnatique (par les hommes) jusqu’à Jean GERBOU (né vers 1690, Sosa 424), qui s’est marié le 23 septembre 1717 (à St-Pardoux) avec Isabeau FOURICHON (nous n’avons pu déterminer l’ascendance de Isabeau). Nous avons là aussi un patronyme assez fréquent et bien connu à St-Pardoux.

Citons Roger Drouault : « La charge de maître de poste a été de tout temps possédée par la famille des FOURICHON : Jean, ‘’chevaulcheur pour le roy et maître de poste’’ vivait au début du XVIIème siècle ; cette charge faisait de celui qui la tenait un personnage important, si l’on en juge sur ce fait que son fils Jean était en 1640 poursuivi pour usurpation de noblesse. »

Concernant les GARDILLOU, l’ascendance connue de Marc remonte jusqu’à Pierre (ou Puisant) GARDILLOU (né vers 1575, Sosa 1712), qui s’est marié vers 1600 avec Peyronne AURIERE. Leur fils Léonard (Sosa 856) se mariera le1er mars 1661 avec Izabeau LAPEYRONNIE, autre représentante de la famille mentionnée plus haut.

On trouvera ci-dessous un couple d’ancêtres : Jehan AURIERE (né vers 1590, Sosa 3378) marié à Sicarie DESPORT (née aussi vers 1590), dont la fille Marguerite (née en 1629, Sosa 1689) s’est mariée avec Léonard DEBIDOUR (Sosa 1688). Nous n’avons pu trouver le lien de parenté entre Jehan et Peyronne AURIERE.

Il semble que nous ayons là une famille de laboureurs. On note leur présence aux villages du Queroy (au nord de St-Pardoux) et de Puypelat (à l’ouest, tout près de Lapeyronnie). Le petit-fils de Léonard, Jean GARDILLOU (né le 29 novembre 1716 à Puypelat, Sosa 214) était métayer à Puypelat (métairie appartenant à la famille BEAUSOLEIL). Il épouse Anne TEILLOU le 12 septembre 1741.
 

c) COMBAUD, DEBIDOUR, TEILLOU

La grand-mère paternelle de Marc était Catherine COMBAUD (née le 16 mars 1757, Sosa 105). Son père, Jean COMBAUD (dit second fils de l’avocat) était maître charpentier, comme ses oncles Naillas et Sicaire et son grand-père Jean COMBAUD dit l’avocat (né vers 1683). Il avait épousé Catherine BAYLE. Nous n’avons pas pu remonter très haut dans les ancêtres de Catherine du côté paternel.

Par contre nous avons pu avoir de meilleurs résultats (sur quatre générations) concernant sa mère Catherine DEBIDOUR (née le 15 avril 1720, Sosa 211), ce patronyme faisant aussi partie de ceux présents à St-Pardoux depuis longtemps.  Les grands-parents paternels de Catherine DEBIDOUR étaient Jean DEBIDOUR (maître sergetier, né vers 1655, Sosa 844) et Catherine FAURE. En remontant dans l’ascendance, nous trouvons d’abord le couple Léonard DEBIDOUR (né vers 1628, Sosa 1688) et Marguerite AURIERE (née le 11 mars 1629 au bourg, Sosa 1689, fille de Jehan AURIERE et de Siquaire DESPORT), que l’on a déjà mentionnée plus haut. Et enfin Jehan DEBIDOUR (né vers 1580, Sosa 3376) et Penelle DESPORT (née vers 1580, Sosa 3377).

Le patronyme TEILLOU apparaît à la troisième génération des ascendants de Marc, avec la grand-mère maternelle de Anne GERBOU, mère de Marc : Anne TEILLOU, épouse de Jean GARDILLOU (mentionné plus haut), née le 25 septembre 1724 au village de Puypelat. Ses parents sont Jean TEILLOU dit Nan (journalier, né vers 1700, Sosa 430) et Thérèse PIGEARIAS (autre patronyme fréquent de Saint Pardoux, lié au nom du village Les Pigeries (ou Las Pigerias) situé au nord de St-Pardoux. Ils se sont mariés le 30 avril 1719 au village de Puypelat, où est née Thérèse. Nous avons pu retrouver les ancêtres de cette dernière jusqu’au couple Marsicout PIGEARIAS et Mariotte JAMENT qui se sont mariés au tout début du XVIIème siècle et sont nés vers 1580.


d) PUCELLE, VILLECHABROLLE

Le 15 juin 1728, se mariaient à St-Front-la-Rivière l’AAGP de Marc : Jean LAPEYRONNIE dit Doyon (né vers 1705, Sosa 406), procureur de la juridiction (mentionné plus haut), avec Jeanne PUCELLE (née vers 1710). Nous avons pu retrouver l’ascendance de Jeanne : elle était la fille de Jean PUCELLE dit Larrit (né le 1er avril 1663, Sosa 834) et Antoinette de VILLECHABROLLE. A la génération précédente (grand-parents de Jeanne) on trouve le couple Jacques PUCELLE (procureur d’office, né vers 1625, Sosa 1668) et Jeanne DUBOUIX, et du côté maternel Jehan VILLECHABROLLE et Guilhoumette PUYPELAT  (cette dernière fille de Pierre PUYPELAT et Chateline BONNAMOUR).

Comme le mentionne Roger Drouault, les PUCELLE ont donné trois procureurs d’office :

- Jacques PUCELLE, procureur pour le seigneur de Bourdeille de 1665 jusqu’à sa mort le 10 avril 1678 (Sosa 1668)

- Léonard PUCELLE, procureur pour le même en 1684, fils du précédent, qui épousa Jeanne DESPORT

- Guillaume PUCELLE, procureur pour le même de 1688 à 1706. Ce Guillaume pourrait être le même que le précédent. En effet il est appelé Léonard à son mariage, et Guillaume à partir de la naissance de sa fille Françoise en 1688.


  1.   Autour de la généalogie

a) Un mariage rare : quatre frères et sœurs se marient avec quatre autres frères et sœurs.

Le 16 janvier 1724 à St-Pardoux, devant Me Jean DESPORT, Notaire Royal, est passé un contrat de mariage entre :

- les quatre enfants de Pierre GARDILLOU, métayer dans la basse cour de Vilars (paroisse de St-Pardoux), et de feue Penelle VIDAUD :

Jean (qui épousera Marguerite ROGER)

Laurens (qui prendra comme épouse Marie ROGER)

Marie (qui épousera Martial ROGER)

Clémence (qui se mariera avec Pierre ROGER)

Pierre est le fils de Léonard GARDILLOU et Isabeau de LAPEYRONNIE (Sosa 856 et 857), et le frère de Jean (marié à Marie BRACHET, Sosa 428).

- Les quatre enfants de Jean ROGER, faiseur de sabots, habitant du village de La Plassade (St-Pardoux), et de feue Marie de LABROUSSE : Martial, Pierre, Marie, Marguerite (mentionnés ci-dessus).

Bien évidemment, les quatre mariages auront lieu le même jour : le sept janvier 1725. On a dû faire la fête ce jour-là à St-Pardoux !

b) Un contrat d’apprentissage

Le contrat d’apprentissage relaté ci-dessous, passé devant Me DESPORT Notaire Royal à Saint-Pardoux, met en scène :

  • Pierre DUMAS, 15 ans, qui désire être apprenti cordonnier. Il est né le 20 mars 1727 à St-Pardoux, de feu Pierre DUMAS dit Pont, qui était lui-même maître cordonnier, et de Hinette FAURICHON (ils se sont mariés le 28 novembre 1719).
  • Jean COMBAUD (qui signera COMBEAUD), maître cordonnier, chez qui Pierre désire faire son apprentissage. Il s’agit certainement du fils de Vincent COMBEAU (qui est mentionné sur l’acte) et Marie REYNAUD, né le 19 août 1714 à Nontron.
  • Pierre de TELFON, qui fait office de curateur de Pierre pour cet acte. Dans ce dernier, il est dit proche parent de Pierre. Nous n’avons pas (encore) pu trouver le lien de parenté avec Pierre.
  • Jean DELAREST, qui donne son consentement à l’apprentissage. Il est le beau-frère de Pierre. Venant de la paroisse de Busserolles (Dordogne), il a épousé à st-Pardoux le 25 août 1739 la sœur de Pierre : Marie DUMAS (née en 1722), qui décèdera à 20 ans le15 avril 1742, quatre mois avant le présent acte, deux ans après avoir mis au monde un fils (Pierre).

Apprentissage de la personne de Pierre DUMAS à Jean COMBAUD portant vente faite par ledit DUMAS et Jean DELAREST, le 17 août 1742 à Saint-Pardoux

Ce jourd’hui dix septieme du mois d’aoust mille sept cent quarante deux avant midy au bourg de Saint Pardoux la Riviere en Perigord et par devant le Notaire Royal soussigné et présent les tesmoins bas nommés a esté présent personnellement constitué Pierre DUMAS fils à feu autre Pierre maître cordonnier assisté de Pierre de TELFON proche parent et parrain, lequel pour la validité des présentes a presté le nom audit DUMAS de curateur pour cette affaire seulement et sans que ledit de TELFON entende prendre  aucun engagement ny de faire aucun prejudice ayant bien voulu prester ledit nom de curateur pour le profit et advantage dudit DUMAS aux fins de la validité des présentes seulement iceluy DUMAS present encore de l’advis et consentement de Jean DELAREST son beau-frere aussi icy present et acceptant, toutes parties habitantes du présent bourg, ledit DUMAS desirant d’apprendre le mestier de cordonnier du consentement et de l’advis desdits TELFON et DELAREST ses proche parens et beau frère, aurait prié Jean COMBAUD maître cordonnier aussy icy présent et acceptant, habitants dudit present bourg, de vouloir prendre ledit DUMAS en sa maison et compagnie pour luy montrer et enseigner ledit mestier de cordonnier à laquelle prière ledit DUMAS aurait esté reçue scavoir est qu’iceluy DUMAS fera sa demeure avec ledit COMBAUD pendant l’espace de deux ans et demy à conter du jour et d’acte des presentes et […] a mesme et semblable jour pendant lequel temps iceluy COMBAUD sera tenu comme il s’oblige par les presentes de garder ledit DUMAS en qualité d’apprenty et de luy montrer et enseigner ledit mestier de cordonnier en son ame et conscience comme un maitre est obligé envers son apprenty et ledit DUMAS de travailler de son possible et estre obeissant au commandement lequel ledit COMBAUD sera egalement tenu de nourrir a son pot et feu, ledit apprentissage fait et convenu pendant lesdits deux ans et demy moyennant le prix et somme de cinquante cinq livres, pour le payement de laquelle ledit DUMAS procedant comme dessus ne se trouvant en estat de faire le payement de ladite somme estant oblige pour son profit et advantage de délaisser du bien fond de l’heredité dudit feu DUMAS son père pour raison de quoy iceluy DUMAS du consentement dudit de TELFON et dudit DELAREST son beau frere tous deux conjointement et solidairement l’un pour l’autre et le meilleur pour le tout aux renonciations de benefice d’ordre division de bien de personne et discution d’heredite tous deux de leurs grès et bonnes vollontés ont vendu à pacte de rachat de dix ans qui finiront a pareil et semblable jour de ce jourd’huy à Leonard de PUIPELAT praticien icy present et acceptant, habitant du present bourg, scavoir un lopin de pré appelé de chez Gros Guillou, de la contenance de trois coupées du païs ou environ, confronté de trois parts audit de PUIPELAT et au jardin de Jean BEAUSOLEIL, juge de la présente juridiction et avec les autres plus amples et meilleures confrontations [….]

S’ensuivent les détails de la vente, dont le prix est de 115 livres : sur cette somme, 55 livres serviront à payer Jean COMBAUD pour l’apprentissage, 20 livres pour l’achat d’habillement de Pierre DUMAS (qui n’a qu’habit, chemise et chapeau), 20 livres à rembourser une dette.

Sont mentionnés dans cette partie, outre les vendeur et acheteur :

            Vincent COMBAUD, père de Jean

      Anne DUMAS, sœur de Pierre et belle-sœur de DELAREST.

 

c) La nomination d’un cousin sacristain

Le texte ci-dessous, que l'on trouve dans les BMS de St Pardoux, met en scène le sacristain Michel DUMAS. Il a 14 ans, et c’est le fils de mes ancêtres (Sosa 426 et 427) Léonard DUMAS (dit papissou, laboureur) et Marguerite FOUCAUD. Sa sœur Anne (Sosa 213) épousera quatre ans après Jean GERBOU (maître menuisier). Il est nommé par le curé de St-Pardoux (l'abbé de CAIGNAC) à la suite du décès le sept avril 1744 du marguillier Jean PIGOT, âgé de près de cinquante ans.

 

Nomination d’un marguillier autrement sonneur de cloches et d’un clerc sacristain pour l’église paroissiale de Saint Pardoux la Rivière (entre le 8 et le 25 avril 1744)

 

Jean PIGOT dit burein étant décédé en qualité de marguillier ou sonneur de cloches, et me trouvant embarrassé pour le service de mon église, je soussigné ai nommé et nomme pour marguillier ……… (blanc) ……..et comme le dit marguillier ne sait ni lire ni écrire ni répondre aux offices de l’église, je nomme pour clerc et sacristain Michel DUMAS, fils de Léonard DUMAS dit papissou, pour suppléer au défaut du dit marguillier, comme il est du droit du curé de nommer son marguillier selon qu’il est porté par les ordonnances du Roi, et pour différencier l’emploi de chacun afin de maintenir la paix entre le marguillier et le sacristain, j’ai fait le règlement qui s’ensuit.

Le sacristain aura soin de servir aux messes qui se diront dans l’église paroissiale de St Pardoux ou dans la chapelle St Roc, répondra aux baptêmes et à toutes les cérémonies, assistera aux grands et petits enterrements pour y chanter et répondre et servir comme il convient à sa qualité de sacristain, accompagnera aussi Mr le curé ou Mr le vicaire qui iront dans le bourg administrer les sacrements ; il aura le soin de balayer le sanctuaire et la sacristie quand besoin sera, de ranger l’autel et les ornements et les mettre à leur place ; de pourvoir aux besoins du sacrifice comme d’aller chercher le vin et de faire les hosties grandes et petites, en ce que le syndic fabricien lui fournira les choses nécessaires ; enfin fera ce qui convient et regarde l’office de sacristain.

Le marguillier aura soin de faire les fosses grandes et petites, de sonner les cloches quand besoin sera, d’accompagner Mr le curé ou Mr le vicaire dans les villages lorsqu’ils devront y administrer les sacrements, balayera le cœur et la nef de l’église aussi bien l’église que la tribune deux fois par semaine le mercredi et le samedi et d’ôter les toiles d’araignées, de porter tous les dimanches un seau d’eau dans la sacristie pour y faire de l’eau bénite, et la portera ensuite dans les bénitiers de la porte de l’église, comme aussi de remplir les fonds baptismaux d’eau le vendredi saint et le vendredi d’avant la pentecôte, d’amasser les dimanches et fêtes à toutes les messes pour les âmes du purgatoire ou à son défaut le sacristain, et porter ensuite ce qu’il aura amassé à la sacristie dans le tronc ;

et pour obvier aux disputes et différents qui pourraient s’élever entre le sacristain et le marguillier qui ne pourraient être que l’occasion de l’intérêt, pour cette raison je fixe la rétribution d’un chacun selon la coutume et de façon qu’il s’ensuit, savoir : des 12 sols que les paroissiens avaient coutume de donner comme rétribution pour la sépultures des grands corps dans le cimetière et 20 sols dans l’église, le marguillier dans la suite ne pourra exiger au-delà de 9 sols dans le cimetière et 15 sols dans l’église, les 3 sols restants d’un côté et les 5 sols de l’autre seront donnés au sacristain ; à l’égard des petits enterrements, le marguillier en aura les deux tiers et l’autre tiers sera pour le sacristain en ce qu’ils assisteront tous les deux. La rétribution du blé, châtaigne, vin et autres choses en grains sera pour le marguillier, me réservant de prendre connaissance du chanvre que le marguillier amassera dans la paroisse, qui ne doit être employé que pour l’entretien des cordes pour les cloches, et le surplus s’il y en a sera mis entre les mains du syndic fabricien. A l’égard de la rétribution des mariages faits dans l’église paroissiale ou faits par congé, qui sera partagée entre le marguillier et le sacristain à l’exception des services, on donnera 2 sols au marguillier et 1 sol au sacristain, afin que le service divin se fasse dans l’ordre qu’il convient. Pour la rétribution des baptêmes, elle sera toute pour le sacristain en ce qu’il fournira une serviette blanche pour essuyer les mains du prêtre et des parrain et marraine. En cas de négligence de leur part, tant du marguillier que du sacristain, pour le service divin, il me sera toujours libre d’en nommer d’autres. Nous exhortons les plus riches à donner quelque chose de plus au-delà de la taxe pour suppléer au défaut des plus pauvres. Les 2 liards que donnent les femmes qui se lèvent à messe seront pour le sacristain.


 

Auteur : Michel Meste.      Pages réalisées avec Kompozer.