Le site de généalogie de Catherine et Michel Meste |
Michel
Meste (Sosa 1)
Dans notre article
« Mes ancêtres de
Saint-Pardoux-la-Rivière » (https://genealogie.mestenerzic.fr/saint_pardoux.html),
nous avons mentionné nos ancêtres Pucelle
ayant vécu à St-Pardoux-la-Rivière (Dordogne). Nous nous proposons ici
de
remonter un peu dans le temps pour compléter la liste de nos ancêtres
possédant
ce patronyme, en nous attachant en particulier à certains membres de
cette
famille qui ont marqué leur temps (et l'histoire).
Tout en haut de l’arbre
(dans la limite des
sources auxquelles nous avons accès (BMS, actes notariés Gallica,
nombreux
documents accessibles par Geneanet…), nous trouvons le couple :
Guillaume
Pucelle et Marie Lefebvre
Ce couple a eu deux enfants :
7 décembre 1603
Mariage de Guillaume PUCELLE,
procureur en la cour de Parlement, demeurant rue
Saint-Denis, paroisse Saint-Eustache, assisté de Marie LEFEVRE veuve de
Guillaume PUCELLE, procureur en lad. Cour, et de Suzanne TALON, fille
mineure
de défunts Jean TALON,
procureur en Parlement, et Claude VIGNON, demeurant en
la maison de Pierre de LESSAU, avocat en Parlement et de Denise SARDE,
sa
femme, soeur utérine de lad. Suzanne TALON, rue Percée, paroisse
Saint-Séverin,
assistée d'Omer TALON, avocat en la cour de Parlement, ancien échevin
de Paris
et maître des requêtes ordinaire de la Reine Marguerite, demeurant rue
de la
Harpe, Nicolas TALON, Jean TALON, ses frères et de Marie TALON, femme
de Simon
TUBEUF, sa sœur, Simon TALON cousin paternel.
·
Guillaume Pucelle et
Suzanne Talon ont
eu quatre enfants : Jacques et Claude,
que nous retrouverons
ci-dessous, ainsi que Gabrielle et Geneviève.
Nous allons nous
intéresser ici aux
deux fils de Guillaume et Suzanne : Jacques et Claude, ainsi qu’à
leurs
enfants.

I)
Jacques Pucelle (Sosa
1668, 11ème génération)
Jacques Pucelle, premier
fils de Guillaume
Pucelle et Suzanne Talon, né vers 1615, qui décèdera le 10 avril 1678 à
St-Pardoux-la-Rivière, fut régent de 1652 à 1656.
Sous
l'Ancien
Régime,
les « régents » sont les professeurs qui enseignent dans un collège. Ils sont choisis par le chef
d'établissement, le « principal », qui exerce sur eux son
autorité et
éventuellement les destitue.
Après
cet épisode, il fut procureur pour le
seigneur de Bourdeilles de 1665 à 1678
(voir ci-dessous). Il s’est marié vers 1651 avec Jeanne
Dubouix, née à St Pardoux. Un contrat de mariage a eu lieu
le 9.2.1651 à St-Pardoux-la-Rivière.
Le seigneur de Bourdeilles
dont il est question
ci-dessus est François Sicaire de Bourdeilles,
fils de Henri de Bourdeilles (chevalier, marquis dudit lieu, capitaine,
sénéchal
et gouverneur pour le Roi en Périgord,
demeurant à Paris, rue de la Marche,
marais du Temple) et Madeleine de la Châtre.
On trouve dans
Gallica : François Sicaire, marquis de Bourdeilles et
d’Archiac, fut conseiller du Roi, d’Etat et Privé, capitaine de 50
hommes
d’armes de ses ordonnances, et le premier qui, sous la minorité de
Louis XIV,
leva en son nom 4 régiments de cavalerie et 2 d’infanterie, fut fait
Lieutenant-Général de l’armée de Guyenne en 1630, Sénéchal du Périgord
le 6
avril 1641, Gouverneur le 10 du même mois, Conseiller d’Etat le 21 mai
1641, et
mourut à Paris le 8 mai 1678.
Son frère, Claude de Bourdeilles, comte de Montresor (voir l’article sur Wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Claude_de_Bourdeille), était le second favori de Gaston d'Orléans (le jeune frère du roi Louis XIII) en 1635. Avec Gaston d'Orléans et le comte de Soissons, Claude prépara l'assassinat raté de Richelieu au camp d'Amiens en 1636, événement appelé la « conspiration d’Amiens ». C’étaient les gardes du Cardinal qui étaient chargés de sa sécurité, les mousquetaires du Roi n’étaient pas loin, mais n’ont pas pris part à la cabale de la cour. Où était à ce moment-là d’Artagnan ?

Jeanne Dubouix, née le 1er
décembre
1620 à St Pardoux, était la fille de Léonard Dubouix et de Marion
Frouard.
Jacques Pucelle et Jeanne
Dubouix auront 9 enfants (nés à St Pardoux), dont notre ancêtre (Sosa 814) : Jean Pucelle
(dit
Larit), qui épousera Thonie
Villechabrolle.
Un autre de leurs enfants,
Léonard (appelé aussi Guillaume...) sera
aussi, comme son père, procureur pour le même seigneur de Bourdeilles,
de 1688
à 1706.
II)
Claude Pucelle
Deuxième fils de Guillaume
Pucelle et Jeanne
Talon, Claude Pucelle a été avocat
au Parlement de Paris, puis intendant
de Grenoble. Il s’est marié avec Françoise de
Catinat en janvier 1652.
Il mourra le 9 mai 1660.
Sous
l'Ancien
Régime,
les intendants étaient les personnages centraux de l'administration
royale
dans les généralités.
Leur rôle s'apparente à celui des actuels préfets, dans une moindre mesure. Ils étaient
chargés
de superviser l'administration de la justice, de la police et des
finances dans
les provinces [Wikipedia].
Françoise de Catinat était
fille de Pierre de
Catinat, mort doyen du Parlement, et sœur de Nicolas
de Catinat de la Fauconnerie, élevé à la dignité de maréchal
de France en 1693, après avoir
pris part aux principaux conflits impliquant la France sous le règne de
Louis
XIV ( guerre
de Hollande,
guerre de
la Ligue
d'Augsbourg et
guerre
de Succession
d'Espagne).
Nous allons ci-dessous
nous intéresser d’abord
à Claude, mais aussi à trois de ses fils : René
Pucelle, Pierre Pucelle
et Omer Pucelle.
II.1 L’avocat
Claude Pucelle
« grand
procès des chirurgiens »,
dont on va donner
ci-dessous les principaux
éléments.
Il s’agit
du « grand
procès des médecins et des chirurgiens » de 1660,
à Paris. C’est un épisode particulièrement intéressant car
il ne
porte pas seulement sur la pratique médicale : il
touche à
la hiérarchie des savoirs, au statut social des
chirurgiens
et au contrôle des professions de santé sous Louis XIV.
Le contexte : trois professions en
concurrence
À Paris, plusieurs corps se disputent le
droit de
soigner :
o
la
Faculté de médecine de Paris, prestigieuse et ancienne, qui revendique
la supériorité du savoir théorique et scientifique ;
o
les chirurgiens,
notamment les chirurgiens dits « de robe longue », organisés
autour du collège de Saint-Côme ;
o
les barbiers-chirurgiens,
qui pratiquent à la fois la barberie et
certaines opérations
chirurgicales.
Ces groupes ont des statuts,
des privilèges et des juridictions différentes. Les conflits
ne sont donc pas seulement médicaux : ils sont
aussi corporatistes
et économiques.

Pourquoi le procès éclate-t-il ?
Les chirurgiens
cherchent progressivement à
s'émanciper de la tutelle des médecins et à faire
reconnaître la chirurgie comme une profession savante
à part entière.
C'est là que la Faculté de médecine
s'oppose violemment à eux. L'enjeu est notamment
de savoir si
les chirurgiens peuvent se présenter comme un corps
ou
une communauté savante, organiser leur enseignement et
exercer
une autorité propre.
Le conflit aboutit devant le
Parlement de Paris. Le 7 février 1660 : médecins,
chirurgiens et barbiers sont effectivement devant
la Cour.
Et le verdict ?
C'est une défaite importante pour
les chirurgiens.
La Faculté obtient que les chirurgiens
soient
ramenés à un statut inférieur. L'argumentation de son
avocat,
Maître Chenvot, est particulièrement révélatrice de la
mentalité de l'époque : aux médecins la « science »,
aux
chirurgiens l'« art » et la pratique. Autrement dit,
le médecin pense et commande ; le
chirurgien exécute.
Le médecin Michel Marescot,
ancien
premier médecin d'Henri IV
et ancien doyen de la Faculté, est
intervenu très vigoureusement
en faveur des médecins.
è
L’avocat
Claude Pucelle soutiendra,
lui, les intérêts des chirurgiens, sans grand succès, mais avec
lucidité :
Dans une lettre à André Falconet, Guy Patin, médecin
et épistolier,
écrira : ce 9e de janvier 1660 au matin, nos
avocats ont
continué de plaider contre nos chirurgiens barbiers. […]
D’aujourd’hui en
huit jours, Pucelle parlera
pour les chirurgiens barbiers. Il a dit à quelques-uns de ces
chirurgiens
qu’ils perdraient leur procès.
II.2 Pierre Pucelle
On peut trouver dans
« Le Bulletin de
l’Académie Delphinale, 1879 » (et Geneanet) ce raccourci sur
Pierre :
Pierre
Pucelle, chevalier,
conseiller du roi en ses conseils d'état et privé, était fils de Claude
Pucelle,
célèbre avocat au Parlement de Paris, et de Françoise de Catinat. Il
fut
d'abord conseiller au Parlement de Paris et fut nommé premier
président au Parlement de Grenoble, par lettres du 11
décembre 1692 ; il mourut le 22 mars 1694. Il avait épousé Anne
Roujault.
Anne
Roujault était la fille de Claude Frogier et d’Etienne Roujault (né en
1619),
auditeur en la Chambre des Comptes de Paris, lui-même fils d’autre
Etienne
Roujault (né en 1577), conseiller secrétaire du Roi, maison, couronne
de France
et de ses finances, fermier général.
Voici ce qu'on lit dans un
fort curieux
Mémoire manuscrit, relatif au droit du premier président de commander
en
Dauphiné, en l'absence de lieutenant du gouverneur : Louis
XIV créa quatre lieutenants du roi pour la province, divisée
en quatre départements. Ces Messieurs, en vertu de leur brevet,
prétendirent en
avoir le commandement au préjudice du chef du Parlement attendu
disaient-ils
qu'ils tenaient la place, suivant leur commission, du gouverneur et du
lieutenant général de la province. Leur prétention forma une instance
au
Conseil avec le Parlement et ils furent déboutés de leurs demandes. En
conséquence, M. Pucelle et des
successivement premiers présidents, commandèrent dans la province. C'est
ce qui explique le titre de commandant
en Dauphiné que prend Pierre Pucelle.
Pierre
Pucelle,
comme premier président au Parlement de
Grenoble et commandant en Dauphiné, a eu droit à un « jeton
du Dauphiné » (ci-dessous) ainsi décrit :
Ecusson
accolé de Pucelle et de Rougeaud ( ?)
dans un cartouche
orné, surmonté d’une couronne de marquis et soutenu de deux
lions ; le
tout posé sur un manteau doublé de gueules et d’hermine, surmonté du
mortier du
mortier de premier président.
Il est marqué
« Pucelle Premier Président et
commandant en Dauphiné ».
Au XVIIᵉ siècle, l’expression « jetons du Dauphiné » désigne une catégorie de petits objets métalliques frappés, généralement en cuivre, laiton ou argent, qui ne sont pas des monnaies à proprement parler. Il est question ici de jetons particuliers qui portent le portrait ou les armoiries d’un personnage important (magistrat, noble...).

II.3 René Pucelle, dit
« l’abbé
Pucelle »
Second fils de Claude
Pucelle, René Pucelle est né le 1er
février 1655 et décédé le 7 janvier 1745 à 89 ans.
Dans le Grand
Dictionnaire Historique de Moreri (accessible par
Geneanet), on
trouve à son propos :
« Mr l’abbé Pucelle, ayant
perdu son père dès
son bas âge, resta ainsi que ses frères sous la tutelle d’une mère
éclairée qui
veilla avec soin à son éducation. Il fut mis en pension au collège des
Jésuites, y fit ses humanités, et ensuite sa rhétorique sous le célèbre
père
Charles de la Rue. Sorti de ce collège, il fit sa philosophie puis sa
théologie
dans l’université. On le destinait dès-lors à l’état
ecclésiastique ; mais
le gout des armes l’emporta d’abord sur cette première destination.
Messieurs de Catinat, ses oncles, dont l’un fut
depuis maréchal de France, étaient
dès-lors très avancés dans le service. René Pucelle voulut tenter la
même
voie : il fit quelques campagnes en qualité de volontaire, sous
les yeux
de ses oncles. Les voyages occupèrent ensuite quelques années de sa
vie. De
retour à Paris, il fit ses études de droit, passa quelque temps dans le
séminaire des Bons-Enfants. Il entra ensuite dans le parlement en
qualité de
conseiller-clerc le 10 avril 1684.[…] Après la
mort de Louis XIV en 1715, le duc
d’Orléans, régent du royaume, composa un conseil de conscience et y fit
entrer
l’abbé. Il mourra le7 janvier 1745 avec une grande réputation, âgé de
89 ans. »
Notons aussi qu’il
s’est retiré à l'abbaye Saint-Léonard
de Corbigny en 1732, où
il était abbé dès 1694. Dans son Dictionnaire historique, Moréri juge que
« ses mœurs étaient pures et douces. Sa sagesse toujours constante
n’avait
point cet air d’autorité… »
DANS « Louis XV et la
société du XVIIIe siècle Paris, I, 1842 »,
l’historien Jean-Baptiste-Honoré-Raymond
Capefigue nous dépeint ainsi le truculent abbé :
« Qui ne connaissait l'abbé Pucelle parmi les bourgeois de la rue de la Harpe près de Saint Severin ? René Pucelle abbé de Corbigny, conseiller clerc au parlement de Paris, neveu par les femmes du maréchal de Catinat, avait gardé comme une tradition les habitudes inquiètes, l'esprit frondeur du maréchal, l'idole des parlementaires et des bourgeois. Fort instruit dans les études ecclésiastiques, l'abbé Pucelle avait quelquefois servi le roi pour l'enregistrement des édits mais avec des exigences de corps et d'opinions souvent fort importunes dans les questions ecclésiastiques, il dominait le pouvoir et, en toute hypothèse, c'était un homme fort incommode, toujours disposé aux censures, aux médisances, véritables calamités pour les gouvernements. Ces ralliés qui restent boudeurs sont des auxiliaires fort importuns mieux vaut les avoir pour ennemis déclarés. »
« L’abbé Pucelle, célèbre conseiller au
parlement. L’abbé Pucelle était neveu de M. de Catinat. Sa mère
accordait à son
frère aîné une préférence que les premières années de la jeunesse du
cadet
semblaient excuser, et qui cependant était la seule cause de ses
erreurs, dans
un homme qui était né avec un caractère très ferme et une âme ardente. Elle le déshérita ; il n’avait encore
aucun état quoiqu’il eût été tonsuré dans son enfance. Son frère vint
le
trouver quelques jours après, lui remit la fortune dont sa mère l’avait
privé,
et lui annonça en même temps qu’il avait acheté pour lui une charge de
conseiller-clerc au parlement de Paris, et obtenu sa nomination à une
abbaye,
en ajoutant qu’il ne lui demandait d’autres preuves de reconnaissance
que
d’oublier l’injustice de sa mère. Le frère de l’abbé Pucelle mourut,
peu de
temps après, premier président du parlement de Grenoble. Le conseiller
au
parlement de Paris se fit une grande réputation par son intégrité, par
le
courage avec lequel il défendait la liberté des citoyens entre les
prétendus de
la cour de Rome et du clergé. Comme le jansénisme était alors le
prétexte de
ses entreprises, les Parisiens le prirent pour un janséniste : mais sa
véritable religion était l’amour des lois et la haine de la tyrannie
sacerdotale
; il n’en eut jamais d’autre. »
Devenu colonel du régiment
de Tournaisis, M.
d’Orgement le commanda sous les ordres de M. de Catinat, qu’il ne
quitta plus
tant que ce général commanda les armées. […] Employé en Italie en
qualité de
Brigadier, il se trouva au combat de Carpy et de Chiary, à la défense
de
Crémone… où il se fit remarquer par l’intrépidité de son courage. Il
servit à
cette dernière bataille en qualité de Maréchal de Camp. »
[voir
https://fr.wikipedia.org/wiki/Regiment_de_Tournaisis]
Sous le règne de Louis
XIV, le maréchal de camp est un officier supérieur de l'armée
royale (entre le colonel et le lieutenant-général).
Missions sur le terrain : organisation
du campement (il était responsable du choix de
l'emplacement du
camp, de son tracé et de la disposition ordonnée des régiments pour
assurer la
sécurité et la discipline ; commandement
au combat (en temps de bataille, il secondait le
lieutenant-général et commandait une fraction de l'armée) ; inspection et police de l'armée.
Dans
[Retronews : Mercure de France, du
1.8.1739], on peut lire ces lignes concernant son épouse :
« Dame Marie Denise Talon, veuve
depuis le 28 février1731 d’Omer Pucelle,
seigneur d’Orgemont, de Darsy, Maréchal de camp des armées du Roi,
chevalier de
l’ordre militaire de Saint-Louis, qu’elle avait épousé le 25 juin1707,
avec
dispense de Rome, à cause de la consanguinité du 3° au 4° degré qui
était entre
eux, mourut à Paris à l’âge de 65 ans accomplis, étant née au mois de
juillet
1674. Elle était fille de Jean Omer
Talon, trésorier de France à Poitiers, mort le 24 mars 1680 à l’âge
de 35
ans, et de marguerite de Lestandart de Gruchy, sa femme, qui se
remariera en
1697 avec Jean François de Crequy, marquis de Wicquenghen. La dite
d’Orgement
laisse une fille unique, mariée en 1730 avec Mr de Galiffet. »